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MARIE, UNE MÈRE ADMIRABLE ET IMITABLE  Version imprimable

le 16/05/2010

Au début du mois de mai, tout chrétien se tourne plus spontanément vers Marie avec le désir de vivre plus intimement uni à elle et de renforcer les liens qui l’attachent à elle. Il est en effet très doux de trouver la Vierge Marie sur notre chemin : avec elle tout semble plus simple ; le cœur abattu et fatigué, fouetté par les tempêtes et les orages, retrouve la force et l’espérance et reprend le chemin avec énergie et courage.
Cher amis et membres du « Chantier », je voudrais vous inviter à imiter Marie en ayant pour elle une vraie dévotion qui vous conduise surtout à imiter ses vertus puisqu’elle est le modèle le plus achevé de la nouvelle créature surgie du pouvoir rédempteur du Christ et le témoignage le plus éloquent de la nouvelle vie apportée au monde par la résurrection du Seigneur.

« Elle est, comme dit le Pape Paul VI, le modèle de la femme nouvelle et de la chrétienne parfaite, le type éminent de la condition féminine et le modèle tout à fait singulier de vie évangélique » (Marialis Cultus, 36). « Dans les conditions concrètes de sa vie, elle a adhéré de façon complète et dans une totale responsabilité à la volonté de Dieu (Lc 1, 38), parce qu’elle a accueilli sa parole et qu’elle l’a mise en pratique, parce que son action était animée par la charité, par l’esprit de service, parce qu’enfin elle fut la première et la plus parfaite parmi les disciples du Christ. » (ibidem, n° 35).

« Si les vents des tentations se lèvent, dit Saint Bernard, si tu es agité par les flots des tribulations, regarde l’étoile et invoque Marie… Dans les dangers, les peurs ou les doutes, pense à Marie et invoque-la ».

Il y a des moments où le dur chemin du renoncement fatigue et confond notre faiblesse. C’est alors, et plus que jamais, que nous avons besoin d’une main qui nous soutienne, de la main d’une mère. Bien avant nous, Marie a parcouru le chemin de la vie, le chemin étroit et difficile de la sainteté. Avant nous, elle a porté la croix et bien avant nous elle a atteint les hauteurs spirituelles par la souffrance. Parfois, peut-être n’arrivons-nous pas à poser notre regard sur Jésus, l’Homme-Dieu, parce que sa divinité est très loin de notre pauvreté ; mais si nous pensons que juste à côté de lui se trouve Marie, sa Mère et notre Mère, une créature dont l’excellence dépasse certainement infiniment notre propre condition, mais créature que Dieu nous donne comme le modèle le plus accessible à notre faiblesse, nous reprendrons courage.

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, parlant de certains sermons au sujet de la Vierge Marie, disait : « on présente la Vierge comme inaccessible alors qu’il faut la présenter comme imitable ». Il est vrai que Marie est inaccessible dans les très hauts privilèges qui couronnent sa maternité divine et il est juste de considérer ces privilèges pour l’admirer, la contempler, parler des grandeurs de notre Mère et l’aimer davantage encore. Mais, en même temps, nous devons regarder Marie de façon très concrète. Sa vie terrestre, humble et simple, ne diffère pas de la vocation ordinaire de la vie de mère de famille de tous les temps. Il n’y a aucun doute que, sous cet aspect, Marie est parfaitement imitable.

« La véritable dévotion à la sainte Vierge ne consiste pas en affection stérile et passagère, ni en une vaine crédulité, mais elle procède de la foi véritable par laquelle nous sommes poussés à un amour filial envers notre Mère et à l’imitation de ses vertus » (LG 67). L’imitation de Marie est précisément un autre aspect de la vie mariale. Seul Jésus est le chemin qui conduit au Père, il est le modèle unique, mais qui lui est la plus ressemblante sinon Marie ? Qui possède ses propres sentiments avec autant de profondeur, si ce n’est Marie ? « ô Ma Dame, dit saint Bernard, Dieu demeure en toi et toi en lui. Tu l’as revêtu de la substance de ta chair et lui t’a revêtue de la gloire de sa Majesté ». En s’incarnant et en habitant dans le sein très pur de la Vierge, Jésus l’a revêtue de lui-même et lui a communiqué ses perfections infinies, il a mis en elle ses sentiments et ses désirs. Et Marie s’est abandonnée totalement à l’action de son Fils : elle a été transformée en lui jusqu’à en être son plus fidèle reflet.

L’Esprit Saint qui est l’Esprit de Jésus a pris pleine possession de cette âme très pure et très douce et y a sculpté d’avance avec précision et délicatesse, toutes les lignes de l’âme de son Fils. On peut donc dire avec raison qu’imiter Marie, c’est imiter Jésus.

P. Hervé Peyrelongue, LC