Vous êtes ici : AccueilL'AssociationMot du Père

LE BON PASTEUR  Version imprimable

le 25/04/2010

Le dimanche 25 avril est la journée mondiale des vocations et nous sommes invités à prier pour tous ceux qui sont appelés par le Seigneur à un état de vie particulier. Pour nous aider à comprendre ce à quoi le bon Dieu nous appelle, il nous est présenté un passage de l’Evangile de Saint Jean où Jésus reprend l’image du bon pasteur.

Dans l’Ancien Testament, Dieu lui-même est représenté comme pasteur de son peuple. « Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien » (Ps 22, 1). «Il est notre Dieu ; nous sommes le peuple qu'il conduit, le troupeau guidé par sa main» (Ps 94, 7). Le futur Messie est lui aussi décrit avec l’image du pasteur : « Comme un berger, il conduit son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son coeur, et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits » (Is 40, 11). Cette image idéale du pasteur est pleinement réalisée dans le Christ. Il est le bon pasteur qui va à la recherche de la brebis perdue ; il a pitié du peuple car il le voit « comme des brebis sans berger » (Mt 9, 36) ; il appelle ses disciples « le petit troupeau » (Lc 12, 32). Pierre appelle Jésus « le pasteur de nos âmes » (cf. 1P 2, 25) et la Lettre aux Hébreux « le berger des brebis, Pasteur par excellence » (He. 13, 20).

Un voyageur du siècle dernier nous a laissés un portrait du pasteur palestinien de l’époque : « Quand je le vis, sur un pâturage des hauteurs, fatigué, le regard scrutant au loin, exposé aux intempéries, appuyé sur son bâton, toujours attentif aux mouvements du troupeau, je compris pourquoi le pasteur a acquis une telle importance dans l’histoire d’Israël, au point qu’ils ont donné ce titre à leur roi, et que le Christ l’a choisi comme emblème du sacrifice de soi ».

Le passage de l’Evangile souligne quelques caractéristiques de Jésus bon pasteur. La première concerne la connaissance mutuelle entre la brebis et le berger : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent ». Dans certains pays d’Europe, les ovins sont élevés principalement pour la viande ; en Israël ils sont élevés essentiellement pour la laine et le lait. Celles-ci demeuraient par conséquent pendant de longues années en compagnie du berger qui finissait par connaître le caractère de chacune et par leur donner un nom affectueux. Ce que veut dire Jésus à travers ces images est clair. Il connaît ses disciples (et, en tant que Dieu, tous les hommes), il les connaît par « leurs noms », ce qui, pour la Bible, signifie dans leur moi le plus intime. Il les aime d’un amour personnel qui atteint chacun comme s’il était le seul à exister devant lui. Le Christ ne sait compter que jusqu’à un : et ce « un » c’est chacun de nous.

Le Christ nous dit autre chose à propos du bon pasteur. Il donne sa vie aux brebis et pour les brebis et personne ne pourra les lui enlever. Le cauchemar des bergers d’Israël était les bêtes sauvages – les loups et les hyènes – et les bandits. Dans des lieux aussi isolés ils constituaient une menace permanente. C’est là que l’on voyait la différence entre le véritable pasteur – celui qui paît  les brebis de la famille, qui a la vocation de pasteur – et l’employé qui se met au service de quelque berger uniquement pour le salaire qu’il reçoit en retour, mais n’aime pas, et souvent hait même les brebis. Face au danger, le mercenaire fuit et abandonne les brebis à la merci du loup ou des bandits ; le véritable pasteur affronte courageusement le danger pour sauver son troupeau. Cela explique la raison pour laquelle la liturgie nous propose l’Evangile du bon pasteur pendant le temps pascal et pour la journée des vocations : A Pâques, le Christ a montré qu’il était le bon pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. N’est-ce pas là un appel que Jésus nous adresse aujourd’hui encore à prendre soin de ceux qu’Il nous confie au sein de notre propre famille, dans notre travail et au sein même du « Chantier ». Les fonctions que nous pouvons avoir au « Chantier » entraînent, nous le savons bien, une certaine responsabilité sur des personnes. Nous sommes en quelques sortes ces ‘bons pasteurs’ d’aujourd’hui. Il nous incombe de prendre soin des brebis qui nous sont confiées avec les caractéristiques citées ci-dessus, prêts à donner notre vie pour transmettre la lumière du Christ ressuscité. Toute personne du « Chantier », toute personne offrant ces services dans le cadre des activités, doit bien être consciente de cela pour que chaque pôle d’activité puisse être un troupeau où les brebis trouvent les bons pâturages du Christ.

P. Hervé Peyrelongue, LC