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PIEGE POUR UN HOMME SEUL  Version imprimable

le 12/12/2008

PIEGE POUR UN HOMME SEUL

Les 12, 13 et 14 Décembre derniers, la troupe de théâtre du « Chantier » a présenté aux spectateurs une soirée de grande qualité. La pièce originale de Robert Thomas, adaptée pour nous par Philippe Vialla était interprétée par nos amis du pôle "Théâtre".


Il s’agit d’une pièce policière se jouant quasiment à huis clos et entre deux personnages centraux : un homme seul vivant dans un chalet éloigné de tout et un inspecteur de police.
Le décor est le même pendant toute l’action : l’intérieur d’un chalet situé quelque part dans le Minnesota (USA) : une grande pièce comportant un espace salon aménagé sobrement et un espace meublé d’une table sommairement dressée et de quelques chaises. Rien d’autre.
Dans ce chalet vit un homme seul. Sa femme vient de disparaître (accident ? fugue ? assassinat ?) et
Il semble très affecté. L’Inspecteur Principal de la Police mène l’enquête, assisté par deux agents. Quelques jours plus tard, l’épouse revient subitement au foyer mais… son mari ne la reconnaît pas ! Cette femme n’est pas son épouse, bien qu’elle l’affirme.
A partir de cet instant, le spectateur ne comprend plus la situation mais pense qu’il y a un piège quelque part. L’homme a-t-il perdu la mémoire ? La femme qui affirme être son épouse, l’est-elle réellement ? Ou bien est-ce une affabulatrice ? D’autant plus que des questions d’héritage et d’argent font surface.
Heureusement, l’Inspecteur de police et son équipe sont là et afin de faire avancer les recherches. Des témoins vont être invités à déposer comment et dans quelles circonstances ils ont rencontré le couple récemment (un garagiste, un pasteur, un curieux médecin). Tous les protagonistes sont alternativement suspects. On comprend petit à petit que l’Inspecteur agit habilement pendant que l’homme s’enfonce peu à peu dans une sorte de folie : il sait qu’il a tué sa femme et fait disparaître le corps. Alors, cette étrangère qui a pris sa place ? que fait-elle là ? qui est-elle ? que lui veut-elle ? Et il a peur.
L’Inspecteur connaît la solution de l’énigme et il a conduit toute cette enquête habilement parvenir aux aveux du meurtrier: les témoins sont des policiers déguisés ou des volontaires pour participer à l’enquête. Et la femme est elle-même policière : Elle a joué ce rôle pour confondre l’assassin. L’homme finit par admettre sa culpabilité. Il ne restait plus qu’à comprendre le « pourquoi » d’un tel acte.


A votre avis, pourquoi cet homme est-il venu se retirer dans ce chalet en préméditant de tuer sa femme ? Il fallait assister à la pièce pour sentir autour de soi les spectateurs haletants, essayant vainement de résoudre l’énigme. Je pense que peu y sont parvenus…..


Il reste de cette soirée une profonde admiration devant la prestation de J-C Mérigot dont le rôle était particulièrement lourd et aussi devant celle de Marie-Annick Rolland qui, blessée par le décès récent de sa maman, a su montrer un courage et une maîtrise de soi remarquables.


Un très grand merci à tous ceux qui ont œuvré pour présenter un spectacle d’une telle qualité dans notre salle. Bravo aux artistes, à ceux qui ont conçu et réalisé les décors, les costumes, réglé les lumières et le son, les accessoires, les maquillages, conçu les affiches et les programmes et à toutes ces « petites mains du "Chantier" » qui ont travaillé à la communication, la billetterie, la préparation de la salle, l’accueil et le bar.


En début de soirée, Bernard Vandebeck avait tenu à valoriser le travail accompli pendant plusieurs mois pour parvenir à une interprétation réussie. Il a fait ressortir les principales qualités nécessaires à ce travail : l’organisation et la création, qualités que possèdent Philippe Vialla en premier, mais aussi chacun des interprètes.
Il a également rendu hommage à Jean Silvagnoli, Georges Maillard et Georges Hariot, nos amis récemment disparus après avoir tant donné au groupe Artistique du "Chantier", et spécialement à la section Théâtre.
Bravo et merci encore pour cette soirée de détente.


Anne-Marie Laverdure




En appoint de la critique réalisée par Anne-Marie Laverdure – que je remercie vivement car ce n’est jamais facile – il m’a été demandé, cependant, d’apporter quelques rectifications et compléments non négligeables dans une Association où le bénévolat est un pilier essentiel et ceux qui s’y dévouent de plus en plus rares. Effectivement, cette pièce ne se limite pas à deux acteurs nommés (Jean-Claude Mérigot et Marie-Annick Rolland dont il est vrai que leur performance a été remarquable). Il faut citer et remercier tous les autres : d’abord les fidèles depuis 23 ans qui, malgré leur vie de famille et leur activité professionnelle, m’ont toujours répondu présent et tenu leur rôle sans faille : Nicolas Huré et Bruno Rimentosi. Ensuite Michèle-Magdeleine Loin-Monges revenue sur les planches après des décennies d’absence, l’exercice n’était pas facile lorsque je lui demandais de prendre ce rôle mais elle l’a bien réalisé. Et ce fut encore moins facile pour deux « nouveaux » à la fois, d’intégrer la troupe dont je peux témoigner quant à son état d’esprit positif, fraternel et convivial, de se mettre au niveau des anciens en trois mois de répétitions seulement, de combattre le trac, de jouer devant un public, il y avait ces pas à franchir entre une simple discussion, mon désir de les faire monter sur scène et leur passage à l’acte : un grand merci à Christine Homet et Samy Lutchmanen. Enfin, si elle a commencé avec Colette Poinsenet, elle a aussi accepté de me faire confiance pour tenir des rôles longs et difficiles, parfois physiques comme celui de cette année : un grand merci à Cathy Belli.


Le décor ne se limitait pas à « l’intérieur d’un chalet... - ... rien d’autre ». C’est ici que le bénévolat prend une dimension toute particulière : travailler dans l’ombre, le froid d’un jardin ou d’un atelier pour un nom sur un programme, ne pas être sur scène pour recevoir en direct, avec les acteurs, les chaleureux applaudissements du public, être presque gêné de recevoir un cadeau. Cette baie vitrée donnant vue sur un aplomb rocheux enneigé et verglacé a nécessité des centaines d’heures de travaux cumulés (menuiserie, visserie, mise en vernis, peinture en trompe-l’œil, montage et assemblage finaux, finitions diverses) : c’est l’œuvre harassante de Jean-Pierre Rive, Jean-Claude Mérigot et Philippe Assanoune assistés de Richard Moreau et Gérard Bergonzi. Qu’aurais-je fait sans eux ? RIEN. Alors, MERCI. Rien non plus sans le concours de Laurent Lannois pour mettre en éclairage tout cet ensemble, là aussi des dizaines d’heures de réglages, d’essais, de programmation informatisée, projecteur par projecteur. Rien non plus sans le concours d’Antoine Delorme pour ponctuer la pièce de cette musique particulière que j’ai choisi et qui n’était pas facile à intégrer, parce que cette année en interactivité avec le jeu des acteurs et non « pour faire joli ».


Le bénévolat, c’est aussi toute la discrétion de Corinne Rimentosi qui, depuis mes débuts, a toujours été fidèle pour maquiller les acteurs et « servir le café ». Et Françoise Mérigot dont le travail d’assistante me soulage dans de nombreux domaines. Et comment faire sans le staff des costumières qui confectionnent parfois sur mesure ? Edith Guilliotiez et Brigitte Burlet n’ont jamais compté leurs heures de travail au « Chantier » mais aussi chez elles. Elles ont du goût, sont de bons conseils et répondent toujours à mes exigences faciles à exprimer mais pas toujours faciles à transformer : grand merci ainsi qu’à Annie Derrien et Nicole Taglang qui les assistent. Oui, j’aurais pu adapter la pièce à Valenciennes en plein été, c’eût été beaucoup plus facile pour tout et tous, mais je l’ai voulue au Minnesota en plein hiver, alors heureusement que Nathalie Mérigot-Russel, vivant à Chicago, a accepté de passer du temps et de l’argent pour faire toutes les démarches utiles à ma vision.


Enfin l’hommage rendu à Jean Silvagnoli, Georges Maillard et Georges Hariot a été voulu par Philippe Vialla et non Bernard Vandebeek.
Il y a aussi un amont autour de la communication : c’est le très long travail de P.A.O/D.A.O pour l’affiche et le programme fait gracieusement par Benoît Pellé malgré son emploi du temps chargé et la distribution des affiches faite par Guy Filleul : merci. Il y a aussi un aval sans que cela soit une obligation mais au nom de la mémoire, du plaisir de faire et d’offrir, d’un acte bénévole non calculé : le travail appliqué des photographes, merci à Jean Grignon et Alain Lanciau ; le tournage et le montage puis la fabrication du d.v.d qui mobilisent des mois « devant la table », merci à Guy Souchoy, Frédéric Souchoy, Nicolas Filleul.


Non seulement toutes ces personnes le font dans l’éthique du « Chantier » et sans tapage mais elles ne sont pas salariées.


VOILÀ. A tous ceux qui ont eu la délicatesse de venir voir la pièce même depuis la province éloignée, merci. A mon tour de vous applaudir. Vous aurez apprécié tout le travail de celles et ceux que je viens de nommer. Mais c’était aussi important pour vous, qui lisez ces lignes et qui aviez un empêchement ou qui n’êtes pas venus, de savoir que ces trois soirées brassent du monde et de l’énergie dans un souci de qualité et de perfection et relativisent le travail du metteur en scène et du premier rôle.


Philippe Vialla

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