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Merci maman pour la vie  Version imprimable

le 19/05/2019


Malgré les vacances encore bien proches, la rentrée du 3ème trimestre qui met les familles sous pression, la course du quotidien, les multiples fêtes associatives, familiales qui se préparent, il est moment important à ne pas oublier : fêter nos mamans, mamies.

Un bouquet de fleurs, un cadeau fabriqué soi-même, un bisou mouillé, une gentille phrase pleine d'amour et le cœur de nos mamans va s'en trouver tout tourneboulé.  

Et cela le vaut bien car nos mamans se sont données un mal de chien pour nous tricoter une cervelle qui fonctionne, des jambes qui touchent le sol et dix orteils plus potelés les uns que les autres. Neuf mois pour un chef-d'œuvre à nul autre pareil, nous ! 

Accueillir, porter et donner la vie ; quelle chose magnifique mais exigeante que la maternité ! Mais le travail de toute maman, de tout parent, ne s'arrête pas là et parfois les lendemains sont compliqués. Marie qui en a vécu les joies et les peines les plus profondes, est là pour nous guider.

Ceux qui prétendent que l'homme est maître de la vie, qu'il peut décider des conditions dans lesquelles elle commence, se développe et se termine ont "la vue basse" et devraient s'étonner d'être eux-mêmes présents à l'humanité. Ils oublient que la vie vient de Dieu, qu'il nous a associé à son œuvre créatrice, et que chaque vie est donc sacrée. Chacun de nos enfants nous est donné, ce n'est ni un droit, ni un dû, mais un don gratuit. Les femmes le savent bien que la vie ne leur appartient pas. Celles qui rêvent d'être mères et ne le peuvent pas l'expérimentent de manière particulièrement cruelle. Celles qui ont des enfants en font également bien souvent l'expérience. Ce n'est pas forcément facile de mettre au monde un enfant de plus quand on n'a plus trop l'âge, quand on a déjà plusieurs petits et que l'on est épuisée, quand les difficultés matérielles nous préoccupent et nous éprouvent. Pas facile quand le bébé que l'on porte ne correspond pas aux "canons de la perfection médicale", quand l'adolescent prend des chemins de traverse ou que l'adulte qu'il est devenu fait des choix mortifères ou socialement réprouvables.

Marie, le sait bien, elle qui a porté le Fils de Dieu en son sein, qui l'a nourri, élevé, aimé plus que tout. Elle a su accueillir un enfant imprévu, le mettre au monde dans des conditions difficiles, tout abandonner pour le mettre à l'abri en Égypte (nous pouvons imaginer sa douleur lorsqu'elle a eu connaissance du massacre des Saints Innocents) … et sa panique lorsqu'elle a perdu Jésus à Jérusalem et mis trois jours à le retrouver, sa perplexité face à cet enfant si "gentil" mais dont elle sentait bien qu'il lui échappait. Et sa douleur sur le chemin du Golgotha, et sa souffrance lorsqu'elle l'a pris dans ses bras, mort. Mais quelle fut sa joie le matin de Pâques !

En contemplant la Mère de Dieu nous comprenons que la maternité est un mystère d'humilité et de gratuité. Elle est là où il faut, quand il faut, toute aimante et toujours discrète. Elle nous apprend à accueillir les imprévus, à rester disponibles quand nos projets sont bouleversés. Dans un monde qui calcule tout, qui prend des assurances "tous risques", elle nous apprend à prendre le risque de la vie, à nous laisser conduire dans la confiance. 

Le "Oui" de l'Annonciation, elle l'a prononcé chaque jour, parfois dans la joie et l'action de grâce, parfois dans la peine, l'angoisse et le questionnement.

Avec Joseph, elle a donné à son Fils sa pleine stature d'homme afin qu'il puisse accomplir la volonté du Père.
Voilà notre rôle de mère, de parent : aider chacun des enfants qui nous est confié à réaliser sa vocation et à entrer pleinement dans le projet d'amour de Dieu.

Emmanuel Marfoglia, Président du "Chantier"
Jean-Jacques Verniest, chargé de mission