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L'Exemple  Version imprimable

le 16/02/2018



Une des valeurs éducatives que "Le Chantier" a toujours eu à cœur de transmettre est celle de l'exemple. Éduquer, transmettre, … par l'exemple dans la vie de tous les jours plutôt que par de beaux discours.

De mémoire, ce principe figurait dans le texte de l'Abbé Jean dans le petit livret que nous recevions lorsque nous accédions à la responsabilité de chef d'équipe ou de second.

Oui, nos enfants, nos jeunes, nous observent, nous écoutent. Ils nous testent, guettent nos réactions, "espionnent" nos amis, enregistrent nos conversations avec la boulangère ou le concierge…

Ils en savent beaucoup plus que nous le pensons sur le monde et ses bassesses mais aussi sur notre vie, nos défauts, nos manies. Inutile d'essayer de les berner, nous ne leur échapperons pas car ils sont terriblement bien informés, logiques et terriblement exigeants.

Éducateurs, parents, nous sommes condamnés à vivre aussi droit que les lattes de plancher, que la corde du fil à plomb, sans quoi … nous sommes morts.

Nous leur avons appris qu'il faut être poli et nous injurions facilement le motard qui nous double sur l'autoroute !

Nous leur avons appris que le vol et le mensonge sont des fautes graves et nous trichons sur leur âge à l'entrée du zoo pour gagner trois euros ou les passons sous le portillon du métro !

Nous leur avons appris que la calomnie et la médisance sont des "lèpres" sociales et nous colportons facilement des ragots ! (vive les réseaux sociaux !)

Nous leur avons appris que Dieu est amour et nous leur disons que le Petit Jésus va les punir s'ils ne mangent pas leur soupe !

Nous leur avons appris que chaque personne est digne de respect et nous tenons des propos facilement racistes ou injurieux !

Elle est où la logique dans tout ça ?

Le "Faites ce que je dis et pas ce que je fais !", ça ne marche jamais bien longtemps. L'adulte doit pratiquer les vertus qu'il veut transmettre car l'enfant apprend plus en l'imitant qu'en se fiant à ses discours, aussi beaux soient-ils ! C'est ce que nous pourrions appeler l'éducation silencieuse : l'exemplarité, la cohérence dans les petits évènements de la vie quotidienne comme dans les plus importants.

Nous devons veiller en permanence à l'adéquation entre ce que nous croyons, ce que nous faisons et ce que nous disons. "La cohérence est à l'éducateur ce que la tomate est à la sauce" : l'ingrédient principal de l'éducation.

La clé de l'éducation ? L'exemplarité de l'éducateur qui doit s'éduquer lui-même, vivre en adulte responsable et cohérent, faute de quoi son autorité sera bien vite mise à mal.
Pour faire autorité il faut être crédible. Pour être crédible il faut être cohérent. Pour être cohérent il faut être vigilant, tout se tient.

L'éducation silencieuse est également primordiale dans la transmission de la foi et de l'amour de l'Église à nos enfants. S'ils nous entendent critiquer en permanence le curé, la dame caté et le pape, ils auront du mal à aimer le curé, le pape, l'Église et à vivre la charité fraternelle. Si nous les envoyons à la chapelle ou à la messe (avec fermeté bien sûr parce que … c'est important) mais que nous n'y mettons jamais les pieds, ou les pieds mais pas le cœur, l'importance va vite devenir relative et source d'incompréhension. S'ils ne nous voient jamais prier, ils auront du mal à comprendre la beauté et la richesse de la prière. Un enfant qui voit ses parents, ses animateurs, à genoux comprendra quelque chose de la grandeur de Dieu.

Si Dieu est au centre de notre vie, s'il est le premier servi (comme nous pouvions le lire sur nos pancartes), ils n'auront pas besoin de grands discours sur la foi. Il y a mille façons de témoigner de sa foi. La plus convaincante est cette cohérence entre ce que nous prêchons et ce que nous vivons. "L'important ce n'est pas ce que nous disons, mais ce que Dieu dit à travers nous" (Mère Teresa).

Nos enfants voient-ils que c'est l'amour de Dieu qui nous conduit, voient-ils notre espérance à l'œuvre, … ?

Ils guettent nos comportements, nos réactions au quotidien comme quand nous sommes au pied du mur pour voir si nous vivons de notre foi ou si elle est aussi creuse que ne l'est bien souvent le discours politique. Notre monde a besoin de témoins rappelais-je le mois dernier en citant Jean-Paul II. Alors soyons ces témoins cohérents, exemplaires et joyeux dont nos jeunes ont besoin.


Emmanuel Marfoglia, Président du "Chantier" 
Jean-Jacques Verniest, chargé de mission