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Randonnées en IDF : Le Corbusier  Version imprimable

le 06/09/2017

Randonnées en IDF : Le Corbusier


Petit voyage en terres corbuséenne et parisienne !

Au départ de sa Fondation Suisse dans la cité universitaire jusqu'au port d'Austerlitz où est toujours amarrée la péniche Louise Catherine, plus connue sous le nom de la péniche de l'Armée du Salut, restaurée par Le Corbusier pour servir d'hébergement aux Sans Domicile Fixe, près de 8 km de cheminement dans la capitale au plus près de certaines réalisations de l'architecte, mais aussi pas très loin de certaines qu'il n'aurait sans doute pas désavouées.

Né en Suisse en 1867 à la Chaux de Fond, décédé Français en 1965 à Roquebrune, il fut un architecte majeur du XXème siècle par ses œuvres, par ses projets (beaucoup n'ont pas été réalisés), par ses conceptions et surtout par ses théories. Urbaniste et artiste, peintre et sculpteur, professeur et écrivain, personnage public, il fut tout à la fois.

Pour comprendre sa conception de l'intérieur des appartements il faut voir son modèle : Le Modulor.
 
À partir de 1943, Le Corbusier réfléchit au Modulor, système de mesure à la taille de l'homme moyen : 183 cm ou 226 cm le bras levé. Diffusé via l'ouvrage "Le Modulor, Essai sur une mesure harmonique à l'échelle humaine applicable universellement à l'architecture et à la mécanique", publié en 1950. Le Modulor est présenté comme une évidence philosophique, mathématique et historique, l'invention corbuséenne reprenant des systèmes classiques. Pratique, Le Modulor est également une figure poétique, dessinée ou inscrite au tampon sur les calques de travail, mais également peinte ou sculptée sur les murs des bâtiments.


LE PAVILLON SUISSE, CITE U DE PARIS

De 1929 à 1933 Le Corbusier va travailler sur le projet du pavillon suisse de la Cité Universitaire de Paris. Le bâtiment est un parallélépipède à ossature métallique monté sur pilotis. Le Corbusier y mettra en place ses principes de la "machine à habiter" applicables à un immeuble. Les trois étages sont divisés en quinze "cellules tiroirs habitables" (6 m sur 2,80 m) indépendantes de la structure. Si les chambres sont sommaires, les espaces collectifs en revanche ont été soignés avec des fresques sur les murs, de grandes bibliothèques ou du mobilier luxueux. Le bâtiment préfigure les échelles minimales des Unités d'Habitation comme celle de Marseille construite en 1947  

MAISON-ATELIER D'OZENFANT, PARIS 14EME 

La maison-atelier est située non loin du parc Montsouris dans le sud de Paris dans une paisible ruelle privée. Elle a été construite en 1925 pour son ami peintre Amédé Ozenfant. On reconnait aux grandes vitres la typologie de la maison d'artiste qui a fait son apparition peu de temps avant la construction de l'atelier. Autour, on retrouve de nombreuses villas d'artistes du début du XXème siècle ayant appartenu à des peintres de l'école de Montparnasse. Profitez-en pour voir les maisons où vécurent Foujita, Soutine, Lurçat, ou encore la maison construite par les frères Perret (square Montsouris).
 
LA MAISON PLANEIX, PARIS 13EME 

Voici un autre exemple de maison d'artiste construite en 1927. Elle est la seule habitation mitoyenne construite par Le Corbusier. Sa façade est cubiste et le cube en saillie cache le salon, pièce centrale de l'appartement. Au-dessus se trouve l'atelier d'artiste. Malgré l'apparente symétrie de la façade, la dissymétrie apportée par les fenêtres vient rompre l'harmonie générale. Ces deux maisons font partie du cycle des villas puristes (1920-1930) de Le Corbusier (24 bis bd Masséna).
 
LA CITE DU REFUGE, PARIS 13EME 

La construction du bâtiment situé dans le 13ème arrondissement a été entreprise en 1929 pour héberger 500 nécessiteux de l'armée du Salut. Il s'agit du deuxième projet de logement collectif de Le Corbusier. La spécificité de cet immeuble est le système à air pulsé, ce qui en fait l'un des premiers bâtiments à air conditionné de Paris (qui aurait très mal fonctionné par la suite). Construit selon un système poteau/poutre, la façade est entièrement vitrée. Le bâtiment est visitable uniquement sur rendez-vous. (12 rue Cantagrel).
 
PONT D'AUSTERLITZ : LA PENICHE LOUISE CATHERINE

Monument historique. La coque en béton date de 1919. Réaménagée en 1929 par Le Corbusier. Seul bâtiment flottant de Paris classé.  

LE PALAIS DU PEUPLE, PARIS 13EME

Dortoir du "Palais du peuple" de l'Armée du Salut à Paris (fondation Princesse E. de Polignac). L'essentiel de la solution apportée ici, consistait dans l'emploi d'un terrain oublié derrière les corps de logis existants. En recouvrant ce terrain négligé, on laissait libre au-devant des nouveaux dortoirs et au-devant des anciens dortoirs du Palais du Peuple, un jardin en plein soleil et le vaste dégagement des domaines des Gobelins.
La solution primitivement envisagée par d'autres architectes, consistait à couvrir ce jardin ensoleillé par des dortoirs. Le bâtiment lui-même, ainsi placé eût projeté son ombre sur les constructions déjà existantes. L'architecture consiste souvent, non pas à s'occuper de façades, mais à choisir l'emplacement favorable.

LA VILLA LA ROCHE, PARIS 16EME

Tapie au fond d'une impasse paisible et arborée du 16ème arrondissement, la marche est longue avant de découvrir la villa La Roche, immaculée, elle nous accueille par un mur courbe. Construite de 1923 à 1925, elle fait partie du cycle des villas puristes. À l'intérieur, élément remarquable, la lumière abonde grâce à des fenêtres en bande situées en hauteur laissant passer une lumière diffuse : idéale pour l'exposition des toiles du propriétaire Raoul La Roche. Les murs sont de couleurs parmes et peu de mobilier encombre les pièces. Un dépouillement complet permet de "sentir" l'espace architectural, ses formes et ses limites. (10 square du Docteur Blanche)
 
La suite dans un prochain numéro après nos prochaines visites.

Bernard Bérardet

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