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Bernard Legrand  Version imprimable

par Nos Peines, le 06/02/2012

Bernard Legrand
Bernard Legrand

Nous étions une vingtaine du "Chantier" à Chartres de Bretagne pour accompagner Bernard Legrand lors de sa messe de funérailles le vendredi 20 janvier. Une très belle cérémonie marquant la fidélité de son couple à notre foi chrétienne et aux valeurs du "Chantier" réunit une assistance qui remplissait l'église, en étroite communion avec toute la famille Legrand.

Sa fille Véronique anima les chants exécutés par l'importante chorale de la Paroisse et choisis en rappel de son passage au "Chantier" et de sa profonde intégration dans leur bourg de Bretagne.

Au cours de l'accueil prononcé par un responsable de la paroisse fut notée l'implication très rapide de Bernard au sein des divers groupes d'activités de Chartres de Bretagne, tant sur le plan culturel et sportif que municipal où il fut conseiller pendant 12 ans.

Avec toujours autant de détermination, il s'engagea dans le cyclotourisme, activité ayant l'avantage de se pratiquer en famille. Ainsi fonda t-il le club de son bourg qui deviendra quelques années plus tard le plus important de toute la Bretagne, ce qui lui donnera le privilège d'organiser avec ses amis le rassemblement national des cyclos à Rennes en 1999.

Il participa à de très grandes courses réservées aux cyclotouristes notamment dans les Alpes et les Pyrénées. Il emmena même son groupe à Hermancia pour randonner sur les routes de la région.

Avec Hélène, ils soutinrent également les équipes Notre-Dame partageant leur foi avec de nombreux couples de la Paroisse.

… Enfant du "Chantier" d'abord par son père et ses oncles qui y furent eux-mêmes présents dès sa création en 1905 et se dévouèrent au service des jeunes. Enfant du "Chantier" parce que aimé et formé comme tous les autres enfants par l'Abbé Jean. Véritable enfant du "Chantier" aussi parce qu'il a toujours suivi l'Etoile du drapeau, notre emblème et le symbole de notre foi. Mais aussi jeune et adulte du "Chantier" parce qu'il fut un exemple pour les plus jeunes car éminemment fidèle à la devise du "Chantier", notamment lors des colonies de vacances vécues à Hermancia.

Ses camarades de promotion ont vécu des moments intenses d'amitié, de partage, de succès de tous genres grâce à la dynamique qu'il savait mettre en œuvre à chaque occasion avec la complicité de son épouse Hélène.

Sportif accompli, il le fût dans la réalité et par la passion. Particulièrement doué d'une pointe de vitesse, il vécut les belles années de l'équipe de football du "Chantier" avec des équipiers de même niveau qui obtinrent des résultats brillants tant au niveau parisien que national au sein de la FSCF.

Athlète haut niveau, il fut également titulaire de nombreux podiums régionaux et nationaux et souvent sur la première marche, sachant motiver ses partenaires pour réaliser des exploits dédiés à l'association. Il était un véritable chasseur et tombeur de records, individuels ou par équipe.

De plus, il sut également s'impliquer dans le culturel en fondant un groupe de Jeunes nommé Chorus Boys reprenant et adaptant des œuvres des Compagnons de la chanson et des Frères Jacques et autres artistes, groupe qui se perpétua sur une vingtaine d'années. Insatiable, il s'immisça également comme acteur dans la troupe de théâtre jouant la tragédie ou la comédie. C'est d'ailleurs dans le cadre de l'une de ces pièces qu'il eut le bonheur de rencontrer celle qui est devenue son épouse.

Le "Chantier" perdit beaucoup lorsque Bernard décida de partir en Bretagne. Il aurait été un dirigeant hors pair pour cette œuvre qu'il avait tant aimée et servie dans sa jeunesse.

Le "Chantier" et tous ses camarades venus nombreux de Paris aujourd'hui lui rendent un ultime hommage et expriment à son épouse Hélène, ses enfants Véronique et Jean-Luc, ses petits enfants, son frère Jean-Louis et toute sa famille leur profonde sympathie et leur sincère affection.

Bernard Vandebeek


Ce fut l’ami de toute ma jeunesse et un participant actif à la vie du "Chantier" : patro, colo, gym, foot, athlétisme, théâtre, Chorus Boys.

Nous avons débuté ensemble au foot en 1946, en 2ème minimes, pour gravir tous les échelons des différentes catégories d’âge et nous retrouver en 1ère équipe lorsque j’ai remplacé Roger Saint-Leger en tant que gardien de buts. Que de matchs et championnats de Paris gagnés.

Mais c’est l’athlète qui m’a le plus impressionné car il nous a emmenés sur les plus hautes marches des podiums dans les relais courus avec ses copains. Je me souviens de son objectif de battre le record du 400 mètres tenu par René Vandebeek depuis 34 ans, qui avait fait partie de l’équipe de France d’athlétisme en 1919. Le record qu'il a établi en 1953 en 52" 3 n'a jamais été battu au "Chantier".

Michel Vancayzeele


Il vient de nous quitter pour le « Chantier du Ciel » et il mérite qu’on s’attarde sur son destin car il contribua efficacement au développement et au prestige de notre œuvre, comme l’avaient fait auparavant ses parents.

En effet Charles Legrand, son père, fut inscrit au "Chantier" dans les années 1912, avec ses trois frères. Il en devint un excellent animateur jusqu’à la fin de ses jours, en 1978 : footballeur, dirigeant d’équipes, responsable de sections, acteur du théâtre, chanteur, moniteur à Hermancia…

En 1932, l’abbé Jean, pour sa première célébration de mariage a uni Charles à Gabrielle Mérit. Bernard naquit en 1933 et Jean-Louis en 1943, ils connaîtront tous deux le "Chantier" dès leur plus jeune âge et ils suivront l’exemple de leur père. En 1939, Bernard est inscrit au patronage, sous la protection de Mademoiselle Vachette. En 1942, il est colon à Juilly. A partir de 1945, le voici à Hermancia l’été, à Recloses à Pâques, toujours fidèle, gravissant rapidement les degrés de la hiérarchie.

A Paris, il va se révéler l’un de nos meilleurs sportifs : il débute, en 1946, dans la 2ème équipe minime de football et, en 1947, la 1e minime dans laquelle il joue devient championne de Paris, de même en cadets. En 1951, alors qu’il a rejoint les juniors, il marque 33 buts en 16 matches, il intègre alors la 1e équipe qui restera championne de Paris durant plusieurs années.

Excellent footballeur, Bernard est aussi un champion en athlétisme. Dès 1947, il pulvérise les records du "Chantier" sur les stades, non seulement dans les courses de vitesse, mais aussi dans les cross : en 1948, il remporte son premier 1200 mètres dans une compétition officielle au bois de Boulogne, ce qui ne l’empêche pas de devenir champion de Paris du 200 mètres en 24 secondes, puis de battre au 400 mètres les records de l’Union départementale de la Seine (record que René Vandebeek détenait depuis plus de 30 ans). Il fera encore partie de l’équipe de relais de l’UAC qui sera sacrée championne de France juniors en 1952 et séniors en 1953.

L’année 1951 fut pour lui essentielle, car il était également un très bon acteur et, sur notre scène de la rue de Bercy, il rencontra une « petite sœur du Chantier », Hélène, dont il connaissait bien le frère, André Deudon. Un grand amour venait de naître, qui durera soixante ans.

C’est aussi cette année là que, à son initiative, est créé le groupe des « Chorus boys » (lui, plus huit de ses copains) qui, à l’instar des « Compagnons de la chanson », va nous enchanter durant longtemps et devenir indispensable au point que quatre autres groupes lui succéderont quand ses fondateurs devront passer la main pour cause de service militaire.

C’est en 1954 que Bernard doit y partir, pour 18 mois qui en deviendront 24, la guerre d’Algérie ayant éclaté l’année suivante. Il sera cantonné à Coblence, en Allemagne, dans les « transmissions » (c’était son métier). Là encore, il se fit remarquer par ses qualités sportives en gagnant des courses et en marquant des buts lors des compétitions et des matches interarmes. En janvier 1956, profitant d’une permission, il se fiançait avec Hélène, puis l’abbé Jean les mariait, au "Chantier", le 11 juin suivant. De cette union naîtront trois enfants : Véronique, Jean-Luc et Lionel lequel, hélas, l’a précédé son père au Paradis.

Au retour de l’armée, Bernard reprit ses activités au "Chantier" avec le même dynamisme et les mêmes succès. Avec lui, notre Première équipe de foot remporta encore de nombreux championnats.

Mais, en 1970, pour des raisons professionnelles et familiales, il part s’installer avec son épouse à Chartres-de-Bretagne pour remplacer son oncle Lucien qui venait de décéder. Pendant quarante ans, tant que sa santé le lui permit, il fit bénéficier ce beau village de ses compétences d’animateur et de sportif. Entre autres activités, il dirigea un important club de cyclotourisme : deux fois, la première en 1995, il en conduisit une cinquantaine de membres de Bretagne jusqu’à Hermancia en passant par le Jura, en vélo !

Pour toutes ces raisons, pour son caractère enjoué et accueillant, pour ses qualités de cœur, les anciens n’oublieront jamais Bernard.

Claude Morand


               
       
       
       

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