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Jean-Pierre Rive  Version imprimable

par Nos peines, le 10/12/2016

Jean-Pierre nous a quittés.
Après toutes ces années passées les uns aux côtés des autres, il est souvent difficile de se souvenir de tout ce que nous avons vécu ensemble.
Le patro bien sûr, la colo à Hermancia où tu passeras par tous les grades : colon, chef d'équipe, chef de groupe,moniteur adjoint. Rappelles-toi des parties de « sanglier » au 1er ravin, mais aussi des magnifiques excursions qui ont éblouies nos yeux d'enfants et de jeunes. La montagne a toujours compté pour toi, les ballades à pied, le ski, retrouvant l'hiver les lieux des anciennes stations visitées en été.
Côté sport, le football, mais ce n'est pas là où tu excelles, la gymnastique devient ton domaine réservé, et Monsieur Tassard ne se trompe pas quand il te demande de rejoindre la section « Championnat de France ». Dans nos défilés tu encadreras souvent notre Drapeau.
Ton service militaire tu l'effectues dans la Marine Nationale sur le « Colbert », ce qui te vaudra pendant quelques années le surnom de « matelot ».
Tu vas suivre une formation professionnelle qui fera de toi un excellent « plombier zingueur chauffagiste » en bref te voici avec un bon bagage te permettant de te défendre dans la vie. Tu monteras, comme chante Baschung « ta petite entreprise ». Bien que très sollicité par celle-ci, tu n'oublies pas ton « Chantier », venant régulièrement à toutes les occasions festives qui nous sont proposées. Tu t'es marié avec Marie-Claude et bientôt naîtront Myriam et Olivier. Ta vie s'écoule avec ses hauts et ses bas ; besoin d'un expert comptable, tu te tourneras vers Pierre Maire avec lequel tu feras de fréquents séjours au ski en Suisse ; un ami t'appelle pour réparer une toiture, des travaux de plomberie, tu réponds toujours présent. Mais Jean-Jacques te sollicite pour résoudre des soucis d'ordre divers, de canalisations, là encore toujours prêt à rendre service.
Ces dernières années, ayant cessé tes activités professionnelles, tu nous rejoindras à Hermancia pour le séjour des « Travailleurs », qui avait lieu la semaine de l'Ascension à l'époque. Nous aurons même le plaisir une année de voir arriver ton épouse et tes enfants, venus rejoindre les « Castors Juniors », comme les appelait Myriam en la personne de nos Jeunes. Toutes les années suivantes, tu mettras ton savoir faire au service de notre « Maison ». Quelle bataille avec la robinetterie, les problèmes avec les douches, mais aussi faire le bûcheron, changer les toilettes, déboucher, reboucher… et tout ceci avec modestie, compétence, en râlant de temps à autre !
Mais toutes tes activités ne se bornent pas qu'à Hermancia. Sollicité par Jean-Claude et Gérard, tu rejoins le Centre de loisirs. Là encore, en dehors de tes travaux habituels de plomberie, tu vas te lancer dans la fabrication de nouveaux jeux pour les enfants, la rénovation des décors de théâtre, l'encadrement de nos Petits pour les sorties. Un jeudi matin sur deux tu viens plier notre Journal, occasion d'une rigolade avec les copains, d'évoquer quelques souvenirs, de trinquer ensemble.
Tu me permettras de reprendre quelques mots prononcés lors de ton enterrement : « Tout cela il le faisait dans la discrétion et la simplicité. Les honneurs, il les fuyait, les récompenses, il les moquait. La reconnaissance, il l'acceptait simplement ».
Au mois de Juin dernier, la maladie t'a bien rattrapé, mais entre deux séances de chimio, tu es heureux de partir avec nous à Hermancia. Mais tu es déjà bien fatigué et c'est presque en t'excusant que tu nous confies que cette année tu auras bien du mal à travailler avec nous. Cela ne t'empêchera pas de nous prodiguer un conseil, par ci, par là. Nous te verrons faire ton tour de propriété, t'arrêter devant Notre Dame d'Hermancia, admirer le Jura et le Lac assis sur un banc. Que de souvenirs ont traversé ta pensée : tes entretiens avec Monsieur l'Abbé pour qui tu avais une grande admiration, tes rapports avec Pierre Cheuton que tu adorais et qui t'avait en quelque sorte mis le pied à l'étrier.
Jean-Pierre tu as mis en pratique cette maxime qui figurait au fronton de notre Grande Salle : « On est bien là où l'on se dévoue ». Tu l'as aimé ton « Chantier » !
À Dieu, Jean-Pierre ! Ton dévouement va nous manquer.

Alain Chmeleff



               
       
       
       

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