Vous êtes ici : AccueilLe Blog

Bernard Fauchon  Version imprimable

par Nos peines, le 29/10/2016


Il était né au cœur de l'hiver, à Paris, dans les privations de la guerre. C'est peut-être pour cela qu'il aimait autant la vie et ses réjouissances. Bon vivant, il aimait la fête et la lumière. Jusqu'au bout, il a espéré pouvoir assister au baptême de Thomas son petit-fils dans moins d'une semaine.

Né place d'Aligre, dans « la boutique » comme il disait, entre une maman qui tenait une librairie-mercerie et un papa qui travaillait à l'office du blé en journée et parfois comme barman à l'opéra-comique le soir, sans oublier Micheline, la petite sœur. 

Il avait aussi - et surtout - grandi au "Chantier", au patro. Le foot tous les dimanches, la Jeune Garde, les Chorus boy,… C'était sa deuxième famille, voire sa première aurait dit ma grand-mère. Que de soirées et d'après-midis rue de Bercy, dans le 12e, avec les copains ! Ma tante vous dirait qu'on ne le voyait guère à la maison. Il y a aussi pris goût pour les activités artistiques.

Il a connu la fin de guerre en Algérie après son service militaire en Allemagne. Il en parlait très peu, comment il avait conduit des camions en plein désert, sans dormir ou presque, chargé du rapatriement vers la métropole. Il reconnaissait que son ange gardien avait bien travaillé.

Homme de spectacle, discret dans la vie, il était capable d'incarner sur scène un cabaretier truculent de Goldoni, un invité surprise dans la comédie "Treize à table", un mousquetaire dans une opérette… sans oublier Saint Nicolas pour les fêtes du patronage. Il présentait aussi avec bonheur toutes les fêtes des rois ou des spectacles divers et variés.

Quand il a rencontré ma maman, il était animateur de colo. Il s'occupait des ados qu'il emmenait en rando mais aussi des plus jeunes. Maman garde un souvenir attendri de lui animant le théâtre de Guignol. Toujours il était prêt à rendre service, pour un décor à construire ou à peindre…

De fait il avait de multiples cordes à son arc, il était toujours plein de surprises. Il avait commencé sa carrière professionnelle comme souffleur de verre, à la Fac de Jussieu. Il fabriquait les instruments des chimistes. Et puis, Papa c'était l'informatique bien sûr. Une reconversion réussie commencée dans les tout débuts de l'informatique. Il était une mémoire vivante de tous les systèmes possibles et inimaginables. Au-delà de çà, Papa était un passionné qui n'abandonnait jamais. Lorsqu'un problème informatique se posait, il pouvait y passer des heures, dormir à côté de ses machines, n'importe où, en attendant de trouver la solution, de jour comme de nuit. D'ailleurs, Papa n'aimait pas les vacances, il aimait l'activité, rendre service, dépanner…

Il était, enfin, cette présence rassurante, réconfortante, apaisante, chaleureuse, sereine. Une force tranquille qui ne se plaignait pas, même dans la maladie. 
 
Il y aurait tant d'autres choses à ajouter ! Papa tu vas nous manquer mais tu as semé aussi tant de choses. Mon cœur est triste mais je sais que tu veilles sur nous. 

Claire


Notre ami Bernard n’est plus. Une figure de la 2ème génération du "Chantier" nous a quittés. Né le 30 décembre 1940, je l’ai connu dans les années 1952… au patronage avec les copains, Gérard Bergonzy, Willy Rouchon, Bernard Dubois, Jean-Claude Mérigot et les autres, au-dessus de la salle d’escrime où répétaient les "Chorus Boys" et aussi Richard Caramatti et son orchestre. Jean Finjan nous avait en confiance. Il demandait parfois, le matin du jeudi, à Bernard et Jean-Claude, en leur remettant un peu d’argent, d’aller à la gare St Lazare chercher les bobines du film que Jean devait nous projeter l’après-midi, après le retour du bois de Reuilly et le "coco du goûter" . 2ème A – 1ère section avec Marc Rolland ; déjà là, nous étions heureux de sortir du milieu scolaire et familial, pour découvrir autres choses, jeux, sports et autres. Je n’ai pas souvenir de son passage à l’école primaire Baudelaire. !! (photos de groupes). Le temps se déroulait vite, très heureux de percevoir la bonne amitié qu’il en ressortait grâce à Jean Finjan, et Bernard participait bien malgré sa timidité et sa grande taille, il nous estimait bien. Ce ne sont pas les amis cités plus haut qui diront le contraire ! Bernard était un bon copain, gentil, serviable, bon, brave, intelligent et loyal. S’il vous appréciait un peu, il se mettait en quatre pour vous aider à sortir de votre embarras. Un grand cœur sur la main. Il aimait Mr l’abbé Jean et Jean Finjan et il les craignait. Il était fidèle et dévoué sur ce qui concernait la cause et les valeurs du Chantier et des belles colonies passées à Hermancia… de la foi au quotidien, ambiance super. Tous les trois, nous nous sommes retrouvés, amis ou non, de la rue de Cotte, entre gare de Lyon et faubourg St Antoine, à la librairie que tenait sa maman Madeleine, si bien rangée et que nous dérangions pour trouver les romans policiers qu’il dévorait ? Quad son père, René, rentrait de son travail il nous proposait de prendre un verre, parfois même nous restions dîner "à la bonne franquette". Un homme grand, fort, qui nous mettait à l’aise, le cœur sur la main. Il lui arrivait même, au cours de représentations lyriques à l’Opéra-Comique à Paris, de renforcer au bar les serveurs débordés durant le court entracte. Lors de la vente de Charité il aidait à monter les colis dans le camion, de bonne heure pour partir pour l’avenue Hoche. Il avait le cœur fragile.

Madeleine, petite sœur de Bernard, m’envoyait des livres de poche de Cronin à Angoulême, à Bistra (au Bled) pour diversifier le présent. Oui, ils formaient une belle famille, de bons vivants. Entouré d’une telle façon, Bernard ne pouvait être qu’un super bonhomme  Sa vie professionnelle, Bernard l’a débutée à la Faculté des Sciences de Jussieu comme souffleur de verre entre autre. Puis après une mise à jour en mathématiques avec Jean-Pierre Taboy, il s’intéressa à l’informatique. Il obtint le diplôme nécessaire pour se lancer dans l’aventure et suivre ce chemin. Il deviendra ensuite responsable à la Société d’intérim Bis à Saint-Denis (93), avant sa retraite.

Bernard a décidé de cesser de fumer (il avait commencé très tôt). Il aimait beaucoup son "Chantier", pas trop le sport, il jouait quand même au football jusqu’à venir jouer aux Ramières à Pâques en 1960  avec tous les copains, soit 1 900 Km en trois jours. Il fallait le faire !

Il aimait rendre service depuis son adolescence ; il a passé des heures, malgré une profession prenante, en dépannage de matériel, rangements divers, répétitions en tout genre et aussi au maintien informatique de l’œuvre.
Le 16 décembre 1970, Bernard fête la Saint Nicolas. Il dépose ses chaussures, de belle qualité, sous le sapin. Le temps passe très vite, célibataire à trente ans… Ses copains sont mariés. Compte-t-il le rester longtemps ? Non ! Grâce à Dieu, il découvrira l’Amour en la personne d’Élisabeth, sœur de l’abbé
Marc, demoiselle qui existait là, toute proche, discrète calme et sereine. Ils décident de se marier au printemps 1975. Puis, Élisabeth lui offrira une ravissante petite Claire. Les parents de Bernard sont ravis. Il a enfin trouvé sa "famille".

Bernard était un « fan » de romans policiers, un grand lecteur, tout comme sa sœur, et un « accro » de la scène (merci Jean-Pierre Barlier). Il aimait la musique moderne, les groupes de jeunes chanteurs américains, anglais, français. Aussi il a marqué sa place parmi les nouveaux "Chorus Boys" à la suite des aînés créateurs. Il aime le théâtre où il jouera plusieurs pièces. Il sera en duo d’animation avec Roger Cormier. Il était optimiste, toujours prêt à rire, il connaissait tous les noms des artistes.

Le 23 mai 1990, il fête, dans le lac à Hermancia, ses 50 ans avec ses copains et amis. Ce fut un beau week-end, un bon souvenir !

Que de belles séances, de belles soirées passées avec les amis grands ou petits ! Bernard s’est  installé avec Élisabeth et Claire qui y a grandi, à Ville-d’Avray.

Le mal qui le cramponnait depuis longtemps sans doute, s’est déclaré subitement pour le terrasser après tant de soucis. Nous pensons au chagrin que cela représente pour toute la famille, pour tous ses amis avec lesquels nous partageons la douleur. À Élisabeth, Claire, à Micheline, à son époux et Isabelle, à toute la famille nous adressons nos sincères condoléances.

Merci Bernard pour tout ce que tu as fait, de tout ce que tu nous a donné, tout ce que tu as donné à l’œuvre.

José Gardet


       
       
       

Le Blog