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JUILLY 1941  Version imprimable

par Marc Rolland, le 02/01/2013

Ceux qui ont connu ce temps, sont d'une grande santé !
1941 – Temps d'occupation et de disette. Notre mère courait dans tout le quartier pour nourrir ses chères têtes blondes. Elle nous mit à la colonie du "Chantier", pensant avec pertinence, que nous serions bien nourris.
Nous ne pouvions aller à Hermancia qui était en zone libre. Le Père Poivrel avait un cher ami, le Père Ponsard, directeur du collège de Juilly en Seine et Marne. Les élèves étant en vacances, il consentit à nous en prêter un bout.
Ce n'était pas loin ! Première impression, cela ne rappelait pas Hermancia (je n'étais jamais allé à Hermancia, mais on m'avait raconté !)
Côté route, c'était une très longue bâtisse de plus de cent mètres, pas trop engageante.
Derrière, côté jardin, trois grandes cours, cernées aussi de constructions tristounettes ; enfin, au fond, une vaste colline de verdure qui servait pour les petits jeux, la gym et même pour les premiers jeux olympiques. Il y avait aussi une belle chapelle.
On nous a attribué la cour nord. On couchait dans le bâtiment. En bas, il y avait un vaste préau qui ouvrait sur la cour et qui nous servait de réfectoire.
S'il y en a qui contestent ce descriptif, ils me le diront !!!
Moi et mon petit frère Michel, avons trouvé cette colonie nouvelle pour nous, tout à fait désagréable. Toujours cavaler, rassemblements multiples, alignements, marches au pas, des caporaux, sergents et autres capitaines… Si à la prière du matin il nous manquait : brassard, médaille ou chapelet, on faisait tintin de café au lait !!!

C'en était trop ! Nous avons envoyé une lettre vengeresse à nos parents pour nous faire rentrer à la maison. Ils nous ont répondu de patienter, que ça allait s'arranger….
En effet, ils avaient raison, nous nous y sommes faits, nous jouions bien, nous chantions beaucoup et la soupe était bonne !
Les repas, le ravitaillement, c'étaient nos Bons Aînés qui s'en chargeaient (oui à cette époque, tous nos aînés étaient bons).
Ils l'étaient, en effet, pour ratisser les belles fermes briardes en pleurant misère. Il y avait là : Raoul Rabourdin, Henri Belli, Marcel Romanet, j'en oublie certainement !!
J'étais en première équipe, le plus grand, donc le dernier tout au bout. Mon caporal était Jacques Aubert, il était plus petit que moi, mais il me bourrait de coups de pieds aux fesses pour me faire aller plus vite. Je lui ai pardonné depuis !
Un jour, nous sommes revenus à la maison, pas forcément meilleurs, mais avec un caractère plus affirmé.

Marc Rolland


               
       
       
       

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