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JEAN-PAUL II … FRANCIS POIVREL, JEAN LABBE…  Version imprimable

le 06/02/2011

Au jour d’aujourd’hui, je pense que nous savons tous que le Pape Jean-Paul II va être béatifié le 1er mai, jour de la fête de la Divine Miséricorde. Vous n’êtes pas sans savoir non plus que la béatification est la dernière étape avant la canonisation. Mais ce que l’on peut déjà dire à propos de Jean-Paul II, c’est qu’il s’est efforcé de comprendre le sens profond des Béatitudes et de les vivre chaque jour de sa vie sur terre.

Mais nous pourrions penser en lisant ces Béatitudes et en contemplant sa vie, tout spécialement les dernières années que le bonheur viendrait de la pauvreté, des larmes et des persécutions. Le monde ne le pense pas, l’Église non plus et les chrétiens encore moins. Sur ce point, nous sommes tous d’accord. Le bonheur, le vrai ne vient pas non plus de ce que propose le monde. Ni l’argent, ni le sexe et la célébrité sont source du vrai bonheur. Alors nous pouvons affirmer que le bonheur vient du Christ lui même. Telle est l’affirmation fondamentale des Béatitudes. Et Jean-Paul II l’avait bien compris. Il avait cette capacité de s’isoler pour s’abîmer dans cette relation personnelle avec le Christ et en même temps il était à même de se donner tout entier aux autres par ce charisme époustouflant. Dimanche dernier, nous commémorions le P. Francis Poivrel et le P. Jean Labbé et nous pouvions constater qu’ils avaient aussi bien compris que le vrai bonheur vient du Christ. L’histoire du XXème siècle et celle du « Chantier » a fortiori a été remplie de drames et d’épreuves qui auraient pu avoir raison de cette œuvre. Mais si nous avons pu fêter le centenaire et nous sommes encore là en ce début d’année 2011, c’est bien parce que ces deux hommes ont su trouver la force dans les Béatitudes. Ils ont su marcher à la suite du Christ en contemplant sa Passion. Le Christ y révèle cette douceur, cette pauvreté du cœur, ces larmes, cette soif de la justice et tout particulièrement cette miséricorde qui ont conquis tant d’âmes.

Pour chacun de nous, en effet, comme pour tout homme ici-bas, « il n’y a de salut qu’en Jésus-Christ » (Act, 4, 12) et « Dieu nous a tout donné en nous donnant Jésus-Christ ». (Rm, 8, 32). La joie des chrétiens est là, une joie qui depuis vingt siècles ne cesse de bouleverser leur cœur et de transformer leur vie. Or si Dieu nous a tout donné en nous donnant Jésus-Christ, notre vie ne peut avoir de sens, elle ne peut s’épanouir en plénitude que si, en retour, nous donnons tout à Dieu en recevant Jésus-Christ, en lui donnant notre cœur sans réserve ni reprise. Cela suppose en chacun de nous une conversion intérieure de tous les instants, et c’est là que les Béatitudes viennent trancher dans notre cœur.

Les Béatitudes, c’est le portrait extérieur de Jésus-Christ, mais l’extérieur ne doit pas nous cacher l’intérieur, à savoir Jésus-Christ lui-même, le Fils de Dieu incarné nous révélant et nous donnant en partage l’amour de son Père, mettant dans chacun de nous un cœur d’enfant de Dieu. Dès lors, pour chacun de nous, l’imitation de Jésus-Christ devient indispensable : vivre comme Jésus parce que nous vivons de Jésus, et inversement, tel est le cercle bienheureux que nous ne pouvons plus rompre. Vivre comme Jésus, parce que nous aimons Jésus et que d’abord il nous aime, telle est la disposition, le désir fondamental qui commande notre vie jusqu’au sacrifice de nous-mêmes, comme les martyrs. Car le martyre du cœur, à défaut du martyre du corps, peut être la grâce de tout chrétien. Le martyre du cœur, est la grâce d’un cœur dépouillé de tout, d’un cœur qui ne s’attache qu’à Dieu. Tel est le sens profond et l’aboutissement normal des Béatitudes. Telle est la perfection du Chrétien.

L’avenir du « Chantier » dépend de nous, de notre volonté de vivre ce martyre du cœur, en nous détachant de tout pour n’aimer que Dieu. Nos enfants pourront ainsi fêter le bicentenaire de cette œuvre s’ils reçoivent de leurs aînés ce témoignage vivant des Béatitudes.

P. Hervé Peyrelongue, LC. 


       

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