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"LAISSEZ LES PETITS ENFANTS VENIR A MOI !"  Version imprimable

le 18/10/2009

Jésus se fâcha (Mc 10, 14). Cela est intolérable, me direz-vous. Nous vivons à une époque où il ne fait pas bon se fâcher. Les parents n’osent plus guère se fâcher avec leurs enfants, les professeurs ne savent plus quoi faire pour se faire respecter…Pourtant, il y a vraiment de quoi se fâcher. Je fais miennes les paroles du Père Guillaume de Menthière qui, tout en commentant ce verset de l’Evangile, disait : « Le ton n’est plus aux emportements bibliques. Pourtant, lorsque près d’un milliard d’hommes sont cantonnés dans la misère, quand des enfants à naître ne verront jamais le jour, quand tant de jeunes sont éduqués dans une grande indigence spirituelle, s’agit-il encore de discerner ou de créer des commissions ? Ne conviendrait-il pas plutôt de se fâcher avec Jésus : “Laisser les enfants, ne les empêchez pas de naître, de vivre, d’espérer…” Il y a un temps pour les amabilités consensuelles, et un temps aussi pour la révolte, assurément. »


Mais pourquoi Jésus se fâche ? Tout d’abord pour le comportement des pharisiens et leur endurcissement. Mettons-nous un instant à la place de Jésus. Lui par qui l’homme et la femme ont été crées, s’entendre demander s’il est permis à un mari de renvoyer sa femme. Il avait vraiment de quoi se fâcher à ce moment précis. Mais il ne le fait pas. Il situe sa réponse au niveau du projet de Dieu sur l’humanité. Il rappelle la vocation de l’homme et de la femme à ne faire qu’un : « Tous d’eux ne feront plus qu’un » (Mc 10, 8). Ce petit mot « un » a un sens bien particulier dans la Bible. Il est utilisé dans un texte fondamental du Deutéronome (6, 4) : Ecoute Israël, le Seigneur, notre Dieu, est un ». Lorsque le livre de la Genèse dit que l’homme et la femme qui s’unissent dans le mariage ne font plus qu’un, la Bible ne veut pas dire d’abord que l’homme et la femme devront être bien d’accord entre eux sur tout. Elle révèle avant tout que l’homme et la femme, engagés dans le mariage, sont image de celui qui est UN et qui les unit. C’est ainsi que l’Eglise présente le sacrement de mariage aux futurs époux. En leur demandant de s’engager librement sur les valeurs d’unité, de fidélité et de fécondité, l’Eglise demande aux fiancés de s’engager à transformer leur amour humain dans l’amour de Dieu. L’amour humain qui s’est engagé sur cette voie de l’unité, de la fidélité et de la fécondité, comment, sans cette présence de Dieu à ses côtés, pourrait-il réussir si nous sommes laissés à nos seules forces ? La fidélité conjugale est presque une gageure humainement parlant, car elle demande un véritable dépassement de soi qui est quelquefois héroïque. C’est pourquoi la présence et l’aide de notre Dieu Un et Trine, qui est communion d’amour, est l’appui nécessaire pour la mener à bien. L’Esprit du Seigneur, présent en nous, peut transfigurer notre amour limité dans l’amour infini de Dieu. Il conduit notre amour humain à participer à l’amour même du Père pour le Fils. Il y a en chacun de nous quelque chose de plus grand que nous. Quand les époux échangent entre eux, quand ils se pardonnent, quand ils se donnent l’un à l’autre, leur amour n’est plus simplement le leur, il est l’œuvre de Dieu et participation à l’amour de Dieu.


C’est bien pour cet Amour entre le Père et le Fils que Jésus se fâche lorsque ses disciples chassent les enfants. Car il veut que ses disciples ne tombent pas dans le même travers que les pharisiens au cœur endurci. Les disciples, avec qui il veut fonder son Eglise, doivent comprendre, expérimenter et transmettre cet amour tout autour d’eux. C’est là la mission de tout chrétien, appelé à être canal de l’Amour de Dieu. Comment pouvons-nous prétendre que « le Chantier » soit cette œuvre chrétienne, sportive et culturelle, si nous ne vivons pas de cet Amour du Bon Dieu ? Commençons par accueillir, par écouter, par pardonner et par servir. « Laissez les petits enfants venir à moi » (Mc 10, 14) disait Jésus à ses disciples qui les chassaient. Laissons venir les enfants, les jeunes et les personnes qui franchissent le seuil de notre « Chantier » afin qu’ils puissent trouver cette Présence qui, je l’espère, nous habite tous.


P. Hervé Peyrelongue, LC


       

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