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"QUI N'EST PAS CONTRE NOUS EST AVEC NOUS !"  Version imprimable

le 04/10/2009

« L’amour dans la vérité » est le titre de la dernière encyclique du Pape Benoît XVI. C’est une constante qui revient inlassablement dans ses interventions car ce sont deux valeurs évangéliques et tout amour vrai est à la fois miséricordieux et exigeant. C’est ainsi qu’il nous faut entendre les propos rassemblés dans l’évangile de ce dimanche. D’une part nous y trouvons des mots bienveillants pour les gens du dehors : « N'empêchez pas ceux qui font des miracles en mon Nom […]. Qui n'est pas contre nous est pour nous ! » Et puis, nous tombons sur ces paroles qui paraissent âpres et excessives au premier abord : « Si ta main t'entraîne au péché, coupe-la […]. Si ton œil t'entraîne au péché, arrache-le ! » Nous sommes, au travers de ces paradoxes, remis devant le secret de tout amour, de toute vie authentique, faits à la fois d'ouverture de cœur envers tous, et, en même temps, d'exigences envers nous-mêmes, de renoncements inévitables pour devenir libres d'aimer en vérité.
L’apôtre Jean s'inquiète de voir Jésus accueillir volontiers ceux du dehors : « Ils prétendent chasser les esprits mauvais en ton Nom, mais ils ne sont pas des nôtres. […] Ne faut-il pas les empêcher ? » La réponse de Jésus, loin de tout sectarisme, témoigne au contraire d'une grande délicatesse : « Ne les empêchez pas […]. Celui qui n'est pas contre nous est pour nous. »
Certes, sans être naïfs et sans prendre pour argent comptant tout ceux qui prétendent agir au nom de Jésus, évitons le soupçon systématique et intolérant. Prenons plutôt à l'égard de tous un parti pris d'accueil, de confiance, de bienveillance. C’est bien là que se joue l’avenir du « Chantier ». Au lieu d'être jaloux du bien qui se fait ailleurs, au lieu de vouloir monopoliser Dieu, le Christ nous invite à élargir notre cœur, à nous émerveiller de tout ce que l'Esprit fait dans le cœur des hommes, même s'ils ne sont pas des nôtres. Nous devons respecter leur cheminement, laisser mûrir l'œuvre de Dieu en eux. Sans toujours le savoir, affirme Jésus, ils font déjà route avec nous. « Qui n'est pas contre nous est avec nous ! » Et dans ce cheminement mystérieux des êtres vers Dieu, Jésus nous propose même, d'admirer le prix immense aux yeux de Dieu d'un simple verre d'eau fraîche qu'on peut nous offrir. Derrière ces petits gestes, il y a souvent tout un poids d'attention, d'ouverture du cœur, et peut-être déjà de foi. « Qui vous reçoit, dira Jésus, me reçoit et reçoit celui qui m'a envoyé. »
Mais cette bienveillance de fond n’est pas une invitation au laxisme. N'implique-t-elle pas, en même temps, de rudes exigences envers nous-mêmes et envers les autres ? C'est ici qu'on retrouve les paroles décapantes de Jésus. « Si ta main t'entraîne au péché, coupe-la […]. Si ton œil t'entraîne au péché, arrache-le. » Bien sûr, il ne s'agit pas de nous mutiler ! Mais il y a des situations où il faut avoir le courage de faire des choix, de trancher dans le vif. Il peut arriver qu'on soit obligé d'amputer un de nos membres pour sauvegarder notre santé et la vie de tout notre être. C'est aussi vrai au plan spirituel. Si Jésus nous demande parfois des ruptures, des détachements, ce n'est jamais pour rétrécir notre vie, mais au contraire pour l'accomplir. Il s'agit d'oser nous libérer de tout ce qui en nous est complicité avec le mal, de tout se qui fait obstacle à notre amour pour lui et pour les autres.
À quoi servent nos mains, nos yeux, notre cœur ? Servent-ils à s'approprier, à dominer, à asservir ? Ou bien sont-ils au service du don de soi, de la confiance, du respect, de l'admiration, de la prière ? Sommes-nous assez libres pour aimer et rendre libres ? En vérité, c'est de notre liberté intérieure dont il s'agit ici. Il faut être libre pour aimer le Christ d'un amour sans partage, mais aussi pour aimer les autres gratuitement, sans calcul.
Chers amis, membres du « Chantier », que le Seigneur vous aide à le choisir, Lui, et à vous séparer de tout ce qui vous éloigne de lui, et surtout de la jalousie qui vous éloigne d’un amour vrai de vos frères.


P. Hervé Peyrelongue, LC


       

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