Vous êtes ici : AccueilL'AssociationL'édito

A feu et à sang  Version imprimable

le 16/12/2018


Nous découvrons depuis quelques semaines un aspect de notre pays que nous refusions de prendre en compte depuis trop longtemps.


La violence avec laquelle ces gens font parler d'eux est assez explicite. Quand on a l'impression de ne compter pour rien, de ne pas être considéré ni entendu, de ne servir à rien, il y a deux solutions : ou on se tait et on reste dans son coin, ou on casse tout, même ce qui est utile au bien commun et qui portera préjudice lorsqu'il faudra tout réparer et remettre en ordre. La double peine !


Les images et l'impact que ces images ont dans les médias français et étrangers renvoient à la même impression que nous avons lorsque nous découvrons les exactions commises lors de coups d'État ou de révolutions.


Et nous, en France, pays des droits de l'homme, comment avons-nous pu en arriver au point que jeunes et moins jeunes, travailleurs sans travail comme gens matures et insérés socialement, ne puissent exprimer leur mal-être que dans des grèves ou mouvements violents, tout aussi destructeurs du lien social.

 
Comment se fait-il que dans ces temps de progrès et de modernité nous n'arrivIons pas à faire en sorte que chacun trouve sa place, se sente utile et donne le meilleur de lui-
même ?


Les comportements et réponses de nos responsables sociaux et politiques sont l'exact reflet de la crise que traverse notre pays. Stigmatisant certaines catégories sociales, critiquant le maintien de l'ordre, sachant toujours mieux que le voisin ce qu'il y a à faire et qui pourtant n'a pas été fait, faisant semblant de croire que le budget d'un pays n'est pas régi par les mêmes règles que ceux d'un ménage et qu'il est possible de dépenser plus qu'on n'a de recettes (Vive le déficit budgétaire !), il est simple de faire payer par les générations futures, nos propres enfants, l'illusion de la richesse actuelle, les dépenses d'aujourd'hui et de reporter aux dirigeants futurs le courage et la responsabilité de trouver la solution.


Les évènements que nous observons sont le signe d'une profonde crise. Le danger serait qu'on les oublie une fois le calme revenu.


On ne se demande pas assez quel genre de citoyens on fabrique quand on donne à croire que notre vie se cantonne à être soit des produits de consommation (il faut être comme les images de nos magazines, correspondre aux critères et excès des "peoples") soit des consommateurs soumis aux "influenceurs" comme on dit maintenant et à qui tout est dû.


Quel projet de société nos hommes politiques ont-ils ? Le serpent se mord la queue. Pour être élu il faut faire des promesses qui laissent croire que tout sera plus facile demain. C'est faux.


Quel sens de l'effort, de la gratuité, de la générosité, du bien commun transmettons-nous ?


Si chacun n'y met pas du sien, demain sera un mauvais jour qui verra s'accroître davantage la fracture sociale et les inégalités qui engendrent le ressentiment, la haine, la jalousie.


Me vient à l'esprit la parabole bien connue des talents, ces pièces d'argent de grande valeur qu'un maître confie à ses serviteurs. Ceux qui ont confiance dans le maître n'ont pas peur de prendre un risque avec cette richesse, ils se sentent encouragés à mettre toute leur énergie pour faire de grandes choses, à prendre des initiatives et des responsabilités et ainsi faire fructifier ce qui leur a été confié.


Ces propos quelque peu pessimistes n'ont pas pour objectif de pointer du doigt telle ou telle personne pour nous donner bonne conscience, même si nous ne partageons pas son point de vue. Si nous voulons que les choses changent il ne faut pas attendre que d'autres se bougent, il nous revient de nous sentir responsables et de comprendre que nous pouvons, là où nous sommes, avec ce que nous sommes, participer à transformer notre société pour qu'elle soit plus humaine et plus juste.

 

Emmanuel marfoglia, Président du "Chantier"
J-Jacques Verniest, chargé de mission


       

0 commentaire

Nom :
Texte du commentaire :
Recopiez ces lettres :
(Sécurité anti-spam)