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La valeur de l'engagement  Version imprimable

le 23/04/2018


Après avoir rappelé quelques points fondamentaux de la pédagogie des patronages (et de notre maison) : faire des hommes et des chrétiens (1433), on joue on prie (1434), l'éducation par l'exemple (1438) je voudrais vous partager quelques réflexions sur la valeur de l'engagement.

On peut remarquer que les personnes qui ont fréquenté l'œuvre dans leur jeunesse sont capables de s'engager et se retrouvent souvent dans divers mouvements associatifs.

C'est bon signe car le fruit de toute éducation est de former de futurs adultes sachant s'investir et se mettre au service du bien commun. Ce n'est pas l'apanage de la maison, on retrouve cet objectif dans bien d'autres institutions d'éducation, chrétiennes ou non, mais il faudrait s'interroger à juste raison si les jeunes qui ont fréquenté l'œuvre n'avaient pas découvert et compris que le sens d'une vie est dans le partage et le don.

Si en tant que croyant, nous sommes invités à vivre l'engagement, c'est parce Dieu, le premier, s'est engagé dans le monde, dans notre humanité. Dieu, qui s'est fait l'un de nous, vient partager notre vie et aide chacun de nous par son amour : il accueille chacun, du plus "méritant" à celui le plus en difficulté, il soigne et guérit, il accompagne, enseigne et nous envoie.

Il ne fait pas cela du haut de sa toute-puissance mais à hauteur d'homme, sans se passer des hommes. Régulièrement à Hermancia nous rappelions aux chefs d'équipe l'évènement de la multiplication des pains, lorsque Jésus donne à manger à 5 000 personnes. Il les fit asseoir en petits groupes par ses Apôtres qu'il chargea de distribuer les pains à chaque groupe dont ils étaient ainsi devenus responsables afin que personne ne soit oublié. C'est ainsi que les Apôtres sont devenus les premiers chefs d'équipe.

Évidemment, l'engagement dans notre société "zapping" et individualiste interroge. Engagement est souvent assimilé à radicalité : un engagé militaire est prêt à risquer sa vie, un engagé religieux sous-entend une vie consacrée avec de fortes exigences de renoncement. Mais avant d'en arriver là de multiples formes d'engagement se présentent à nous. C'est comme pour entrer sur une autoroute, il y a une voie d'accès où l'engagement se fait au fur et à mesure, en sécurité et à la bonne vitesse.

S'engager, c'est d'abord croire qu'on peut être utile pour les autres, c'est découvrir que d'autres comptent sur vous, croient en vous au-delà des limites que nous nous connaissons. S'engager c'est aussi ouvrir un avenir, espérer que du bon va sortir de la rencontre avec les autres et de tout ce qu'on va vivre avec eux, c'est espérer que les efforts et les renoncements ont du sens et qu'ils seront assumés. Enfin, s'engager c'est aimer, car pour entrer dans cette démarche il faut tourner son regard vers les autres.

L'engagement peut donc être compris comme une pédagogie, un pas après l'autre, par étape. Et c'est précisément ces étapes qui rassurent, donnent confiance, savoir-faire et savoir-être et permettent ensuite des engagements plus forts. 

C'est ainsi que nous mettons en œuvre cette pédagogie de l'engagement en donnant des responsabilités très tôt aux jeunes, de manière adaptée à chacun, selon ses capacités. Selon leur histoire, leur caractère, leur expérience, leur parcours familial, bien des choses distinguent les personnes les unes des autres. Nous ne sortons pas d'un moule qui nous rendrait identiques, nous ne pouvons donc pas tous donner la même chose et de manière identique. Il nous faut grandir et mûrir. Il faut du temps pour se savoir aimé, avoir confiance en soi et être capable de prendre des responsabilités.

Et c'est donc dans la prise de responsabilités que nous proposons aux jeunes, aux adolescents, de trouver de nouveaux repères, d'accéder à une autre dimension. Nous pensons que cette période de mutation peut être porteuse de fruits pour l'avenir si la personne découvre qu'elle est capable de faire quelque chose, que sa vie est utile, qu'elle est importante pour les autres, et qu'elle-même est digne de confiance. 
Dans notre Société qui a tendance à désespérer de sa jeunesse (Platon ne le disait-il déjà pas !) nous savons, nous, que les jeunes désirent donner du sens à leur vie et nous sommes témoins que beaucoup découvrent que s'engager est une belle façon de se réaliser.

Emmanuel Marfoglia, Président du "Chantier" 
Jean-Jacques Verniest, chargé de mission


       

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